lundi 6 juin 2011

l"heure du biberon

Au petit matin,
l'enfant endormi
s'éveille
il frotte ses paupières
pleines de sommeil

il serre les poings,
et crie "j'ai faim"
la mère affolée,
s'agite de tous côtés
préparant avec entrain
le repas du bambin

Le biberon est fait,
prêt à être envoyé,
la bouche ronde se tait
les lèvres aspirent,
quelques glou-glou
se font entendre,

un silence s'impose
le nourrisson rassasié
semble s'être calmé

Détresse

Lançant une plainte
un echo dans la nuit,
une pierre qui rebondit
un bruit sourd
qui s'évanouit
dans l'eau glacée
au petit matin gris

jeudi 2 juin 2011

Frénésie

un ou deux euros misés
et le tour est joué

toute la semaine,
on attend
le tirage gagnant

un numéro, descend
un second, c'est la déception
un troisième, l'espérance renaît

quand arrive le sixième,
le soulagement se fait
vérifions et comptons
la cagnotte à récupérer
on jubile, notre coeur s'emballe
pour quelques numéros choisis
au hazard sûrement,
on prie pour que la chance nous sourit

Little Body

Little Body,
je me mets à nu,
tu ris

Little Body,
j'aime cette frénésie
ces sacades qui m'envahissent

Little Body,
une admiration sans borne
née de cette divine comédie

Bouse de vache

Grande, de couleur verdâtre,
elle gît tranquille
au milieu du champs

Evitant une improbable rencontre
mes semelles glissent
sur l'herbe grasse

Je m'étale de tout mon long
tête la première
dans cet amas nauséabond
Ca pue, c'est collant

Vite, vite rentrons
poursuivis par les mouches,
une certaine odeur
vogue dans l'air

bouh, bouh,
ça pue, même le chat
se cache le minois

Enfermée, trahie,
je me réfugis sous la douche
maudissant la bouse

Le temps qui passe

Etre présent au passé,
aujourd'hui et demain,
Offrir sa main,
son épaule
partager, souffrir

Le temps passe...

Le soleil revient,
je ris, je pleure,
je serre ta main
regardons loin

Le temps passe...

J'ai les cheveux gris,
toi aussi, tu vieillis
ta peau burinée,
tes rides marquées

Le temps passe ...

Tu n'es plus là,
ma main est froide
mon coeur est seul
mon regard perdu
dans le lointain

dimanche 12 septembre 2010

En suspend

j'ai découvert ce matin,
sur la toile blanche
une ombre, une âme,

la regardant,
je l'ai apprivoisée

doucement, je la crayonne,
dessinant ces contours
je n'ose parler

je retiens mon souffle
suspendu à ces lèvres
je sculpte son sourire
l'émotion m'envahit

je pleure, je ris,
mon cœur déborde d'allégresse
transportée, enivrée,
je tressaille

un sursaut, rompt cette harmonie
il est midi et demi
je m'empresse, range la pièce

le cours est fini ...

au plaisir ...
m'a t'elle dit

promis j'y repenserai

Jusqu'à mardi
je patienterai
imaginant plongeant
pour un instant encore
dans la noirceur de son regard

j'arracherai, façonnerai
sous mes doigts cette pommette,
ce nez, ce faciès,
je crayonnerai avec jubilation
enfin je fixerai dans l'éternité
ce visage, ce teint,
qui est son portrait,
en toute humilité