samedi 4 avril 2009
Allongée
je regarde les nuages passés
j'imagine des formes.
Mon regard perdu dans le vague
Je ne vois pas défiler
l'armée de fourmis
sur laquelle je suis installée
et qui doit se dire
"encore un étranger qui n'a
pas vu où il m'était ses pieds"
décidant, coûte que coûte
de gravir la montagne ainsi
poussée, les voilà
arpentant ma main, mon bras,
mon épaule...
l'arrivée sur mon cou,
procurent quelques chatouillis
au géant que je suis
m'obligeant à me trémousser
de tous côtés, j'entame
alors une danse bien singulière
décimant la troupe de fourmis,
aie, ouille, ça pique
ma position allongée est terminée
me voici debout, titubant
vociférant sous les piqûres
des assaillantes
Promis, la prochaine fois,
je demanderai la permission
à ce régiment de fortune
la possibilité de m'allonger,
à ses côtés
afin de contempler les nuages
De marbre...
En te voyant sur mon chemin
mon cœur s'est réjoui
mais de marbre tu es resté
figeant ton regard
dans le lointain
j'avais beau danser,
gesticuler, crier
tu ne me voyais pas
peu à peu mon cœur si gai
n'a pas résisté,
à présent je erre
telle une âme abandonnée
dans les méandres du passé
j'espère toujours ton regard
mais de marbre il reste
je me sens tellement stupide
je me sens affreusement seule
seule dans ce grand lit vide
et toi toujours sur ton piédestal
terriblement loin de moi
terriblement froid
de marbre tu resteras
jeudi 2 avril 2009
La main
Nul n'aurait cru à un lendemain
Si je n'avais pris ta main.
La distance faisant, notre relation avait elle un avenir ...
Mais cette main, ce lien si fragile, m'a conduite à voir
bien plus loin
Ainsi nos chemins se sont croisés
Nos destinées se sont mêlées
Nos cœurs s'embrasèrent
Aussi, l'amour n'est jamais loin et la distance, non un frein
l'ex-vedette
Elle est si seule le soir
blottie contre le comptoir
Le reflet de son image dans la glace, lui renvoie le bellâtre jadis passé.
De ses amis, ses relations plus rien n’existent que le néant.
Il se console là, tout au fond du bar, de n'avoir pas gardé son statut de star.
Privilèges oubliés, certes tout se conjugue au passé
Vivre ici et là-bas
retrouver la sérénité d'avant
Vivre ici
et revenir là-bas
je suis partagée entre passé et avenir
Mon cœur s'est arrêtée comme
la vieille horloge de la salle à manger
qui n'a pas vu défiler les aiguilles du temps
depuis bien longtemps
Vivre, en vivant dans le présent
parfois je me retourne
et je ressens une présence
que j'aimerai garder tout le temps
Cette présence, morceau de moi
qui me conduit inexorablement
là-bas
En dedans de moi
j'ai regardé en dedans de moi,
y avait plus personne, en dehors de moi
j'étais seule
seule à verrouiller la porte d'entrée,
A remettre le chien dans sa niche
A donner les derniers conseils
En dedans de moi,
et pendant quelques jours, j'avais cette étrange impression
d'un autre moi
d'être habité par elle
Je poussais rapidement les places occupées dans mon cœur,
me disant ce n'est que du bonheur
Mais ici ...
je ne ressens plus sa présence
Suis je en proie à une illusion ou à une désillusion
celle de m'être trompée
de me dire c'est du passé
là-bas, mon deuxième être en dedans de moi, me guidait
ici plus rien
je me sens vide
Le passé ressurgit avec difficulté
dois je admettre que je me suis peut être trompée ...
Sans papiers
Dans mon sac, j'ai un fouillis de papiers
L'autre jour, j'entendais à la radio
"reconduite à la frontière d'un sans papier ..."
Si je pouvais, je leur donnerai mes papiers
mais je deviendrai certainement à mon tour
une "sans papier"
Je devrai alors apporter la preuve
que je suis en France depuis ma naissance
que j'ai un travail qui me plait
que je suis disons ... intégrée
Mais comment dire que l'on est intégré
si on n'existe que grâce à un papier
Ce papier si important qui dit je suis intégrée
je suis Français, on me demande de jurer
je n'y comprend rien
moi tout ce que je demande c'est qu'on me dise
ça y est vous êtes libre de circuler en France
sans la peur au ventre d'être contrôler,
puis arrêter.
Se battre, espérer, y croire et finalement
s'apercevoir que l'on a fait tout ça pour rien
Dans l'avion qui nous embarque
je ne vois finalement que le soleil de France
ce même soleil qui luit là-bas avec l'espoir
en moi éteint