samedi 11 avril 2009

Le bikini

Deux triangles pour le haut
et un de plus pour le bas
nous dirons donc trois
le tout attaché
par des ficelles
auxquelles se pendent
les regards des hommes
leur imagination
déferlant sur ses bouts de tissus
tel les vagues qui se brisent
sur les récifs
aussi violent est le désir
aussi glissant il disparaît
tel l'écume sur la plage
au mois de juillet

Sexe tu plais

Sexe tu plais
tu enivres
comme l'abus de vin
tu te livres
aussi cru que la rosée du matin
tu emmêles
tel les racines d'un arbre
tu détruit aussi
parfois

sexe tu plais
à tous, tu inspires
sensualité, désir
parfois luxure

sexe tu plais
personne ne peut
vivre sans toi
sexe tu es le centre
de la vie
du triangle de la femme
l'homme s'y perd
et de cette errance
né parfois l'espoir
d'une autre vie.

Singulier-pluriel

Singulier est l'approche
pluriel est la liaison

Singulier on se dévoile
pluriel on s'aime

Singulier on décide
pluriel on emménage

Singulier on vit
pluriel on se détruit

Singulier on quitte
pluriel on se hait

Singulier on se reconstruit
pluriel refait sa vie

Et c'est parti

Et c'est parti,
dans le long tourbillon de la vie
je me bats, je mords,
je hurle jusqu'à en perdre voix
cette voix autrefois si charmante et si délicate
qui se voulait ensorcelante,
oui vous l'avez eu !!
elle a fait place au feulement de la bête en détresse

Et c'est parti,
les assauts de mes ennemis
ne font aucun doute, je doit me battre
gagner coûte que coûte
arracher la victoire

Et c'est parti,
les doutes, les inquiétudes
tout cela n'est que le lot de la vie
mais lorsque la victoire retentit
l'apaisement vient
et le monde redevient beau

jeudi 9 avril 2009

Voile de sucre

Ce matin maman m’a donné 2 euros

(Eh oui l’inflation est de mise
Même chez les tisseurs de bonheur)

Afin de m’acheter un voile de sucre
Dans la bassine, ce sucre,
soufflé, s’envole
devient fileux
léger, tel une mousseline
Puis, le tisseur prend une tige,
Et tel un maître d’orchestre
Donne le la de la danse.

La danse du bonheur
du voile de sucre
De couleurs variées
Mon palais n’en fait qu’une bouchée

Vivement l’année prochaine,
Que je cours une nouvelle fois
Voir le tisseur de bonheur

samedi 4 avril 2009

Allongée

Allongée sous les arbres
je regarde les nuages passés
j'imagine des formes.

Mon regard perdu dans le vague
Je ne vois pas défiler
l'armée de fourmis
sur laquelle je suis installée
et qui doit se dire
"encore un étranger qui n'a
pas vu où il m'était ses pieds"
décidant, coûte que coûte
de gravir la montagne ainsi
poussée, les voilà
arpentant ma main, mon bras,
mon épaule...
l'arrivée sur mon cou,
procurent quelques chatouillis
au géant que je suis
m'obligeant à me trémousser
de tous côtés, j'entame
alors une danse bien singulière
décimant la troupe de fourmis,
aie, ouille, ça pique
ma position allongée est terminée
me voici debout, titubant
vociférant sous les piqûres
des assaillantes

Promis, la prochaine fois,
je demanderai la permission
à ce régiment de fortune
la possibilité de m'allonger,
à ses côtés
afin de contempler les nuages

De marbre...


En te voyant sur mon chemin
mon cœur s'est réjoui
mais de marbre tu es resté
figeant ton regard
dans le lointain
j'avais beau danser,
gesticuler, crier
tu ne me voyais pas
peu à peu mon cœur si gai
n'a pas résisté,
à présent je erre
telle une âme abandonnée
dans les méandres du passé
j'espère toujours ton regard
mais de marbre il reste
je me sens tellement stupide
je me sens affreusement seule
seule dans ce grand lit vide
et toi toujours sur ton piédestal
terriblement loin de moi
terriblement froid
de marbre tu resteras